RSE et RH Afrique [podcast]

De plus en plus d’entreprises se lancent à l’assaut de marchés extra-africains et découvrent le terme RSE. Comme elles n’ont pas de démarche RSE et pas plus le bilan idoine, certains acheteurs internationaux refusent de les choisir comme sous-traitants.
Pour résumer, la responsabilité sociétale des entreprises est une démarche pour limiter les impacts négatifs des organisations. Elle s’intéresse aux impacts environnementaux et aussi sociaux. Ce dernier pan va de la lutte contre la corruption à la relation employés-employeur. La GRH est donc bien intégrée dans ses critères d’évaluations. Les acteurs RH ont à se sensibiliser à ce sujet.


RSE et « nationalité » des entreprises

Que l’entreprise soit locale ou émane d’un pays non africain, les attentes des salariés, des citoyens et du monde varient.

L’entreprise extérieure

L’entreprise extérieure devra répondre à l’accusation latente « de profiter du pays ». Les RH pensent à tort que les salaires versés, les compléments de rémunération (mutuelle, retraite…) suffisent à prouver la bonne volonté de la structure d’avoir une relation normale avec son environnement (habitants et salariés compris).
Que ses concurrents locaux n’aient absolument aucune démarche pour améliorer leur impact environnemental, social ou économique, cela va de soi. Par contre, elle, elle doit impérativement recycler ses déchets, participer aux actions des associations locales… Et si elle appartient à un groupe actif en RSE hors du continent, elle est d’autant plus invitée à agir et ce qu’importe si son chiffre d’affaires est loin d’égaler celui de ses consœurs non africaines. Internet permet aux locaux de s’informer, de comparer et de maugréer. Les rumeurs vont vite. Pourquoi soutenir des actions RSE en Chine et pas au Togo ?

L’entreprise extérieure doit donner l’exemple, apporter plus à l’Afrique que sa concurrente locale. Pour le moment, trop peu de ménages africains paieront 5% de plus pour un produit bio ou émanant d’une entreprise plus écologique, plus RSE que ses concurrentes. Cela a donc un coût ; les bénéfices en terme de communication n’existent pas encore. Par contre, la RSE vous évitera une communication négative ici, là et plus loin encore. Les consommateurs hors d’Afrique peuvent tenir responsable tout un groupe pour le manque de RSE d’une entité africaine, sans comprendre la difficulté des réalités locales.
L’argent liquide est la base des transactions ; rares sont les personnes avec un compte en banque en Afrique. L’honnêteté de la structure n’est pas la question, ce sont les habitudes de vie des employés. La grande majorité des RH ont hâte de pouvoir verser les salaires via des flux électroniques au lieu d’avoir à transiter / protéger tant de numéraire dans les locaux ; l’employé sans téléphone portable (porte-monnaie électronique) et sans banque reste le cas majoritaire.

L’entreprise africaine

Les entreprises africaines se préoccupent de la RSE lors de recherche de fonds auprès de bailleurs internationaux et de réponse à des appels d’offres hors du continent. Elles doivent aussi la mettre en oeuvre – par la loi – lors de la création de structure aux USA, en Europe… C’est souvent à ce moment, que débutent les actions RSE dans le pays de son siège social, soutenues par la filiale américaine ! La RSE est donc gérée de l’extérieur du pays – ce qui crée des frictions évidentes – surtout vu les montants alloués.

La RSE en GRH

Selon les pays, il peut être délicat de répondre aux exigences de la RSE. Cela peut s’opposer au climat social et à la législation.  La RSE interroge l’entreprise sur la liberté syndicale, la promotion de l’égalité des chances (hommes, femmes et personnes vulnérables) et du respect des libertés civiles de la personne au travail et hors du travail. En 2014, une étude au Cameroun indiquait que 50% des PME étudiées proposait la liberté syndicale. Les choses évoluent positivement dans beaucoup de pays africains. Dans quelques années et sur tout le continent, les critères de la RSE seront une évidence.
En attendant, il est souvent préférable pour les RH de se concentrer sur des actions plus pratico-pratiques.

Les lieux de travail

Tout ce qui abrite l’activité doit être revu sous le prisme du bien-être au travail. A 35°C, il n’y a plus aucune efficacité. La climatisation est une demande légitime et participe à une meilleure productivité. Tout ce qui permet d’améliorer la rentabilité du travail sera un peu mieux perçue par la direction de l’entreprise. Il faudra bien sûr vérifier les conséquences des travaux : les taxes éventuelles, l’indisponibilité des locaux et leurs conséquences sur le CA…

Les conditions de travail

Il est parfois difficile d’améliorer la qualité des infrastructures, d’autres dépendent de process internes. La très grande majorité des employés ont des contrats journaliers. Toutefois, il est possible de faire preuve de réalisme et de bien agir en termes RSE : est-il normal que le salaire finalement donné et le temps de travail varient selon l’humeur du chef d’équipe  ? Est-il normal que les accidents de travail ne soient pas chiffrés et des actions inexistantes pour les éviter ?

La RSE s’intéresse aux relations entre employeurs et employés. En priorité, la RH devra mettre en place un recrutement transparent,  des contrats de travail, le respect des conditions de salaires et de travail ; elle s’intéressera aussi à une gestion des emplois (périmètre de poste, évolutions, formations, mobilité…).

Quelques critères en exemple dans un bilan RSE

Conclusion

Vous l’avez compris la RSE s’appuie sur les nouveaux process que nous partageons avec vous sur DRH-Afrique. Vous avez sur notre site, les informations, pour commencer à réfléchir à ces changements stratégiques et si vous avez besoin de soutien : contactez-nous, nos experts peuvent vous accompagner

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire